Une fois n’est pas coutume, le Casse-Noisette a décidé de se pencher sur un sujet politique, il faut dire que c’est un sujet de saison (électorale ?). Et dieu sait, si en consommateurs avertis, nous attachons une grande importance au choix d’une alimentation raisonnée, et donc largement composée d'ingrédients de saison.
Le terme “politique”, du latin politicus, qualifie une chose “qui a rapport aux affaires publiques, au gouvernement d’un Etat, ou aux relations mutuelles des divers Etats”*. Et c’est une campagne électorale dans tous ses états qui s’annonce.
Le Casse-Noisette a donc décidé de prendre son bâton de pèlerin pour s’aventurer sur les sentiers sinueux de la campagne électorale. Chose assez paradoxale, on emploie l’expression “campagne électorale”. Hors, l’évocation du mot “campagne” dans la tradition littéraire fait davantage écho à une réflexion solitaire, que le penseur appuie en confrontant la fugacité de ses émotions de simple mortel avec l’immuabilité et la force de celle qui lui résistera, la mère nature.
“Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !”
Extrait du Lac, Lamartine
Pourtant, il n’est pas question pour le politicien en temps de campagne électorale de révéler, justement, sa vraie nature. Puisque son mandat est tributaire des votes des citoyens, le promeneur électoral se déclare (une déclaration, sa déclaration... d'impôts ?) auprès des électeurs et, devenu candidat, se lance dans une entreprise de séduction. Son but ? Rassembler les suffrages et obtenir le plus de votes, on y revient. Le mot “vote”, du latin votum (voeu), perd alors de son sens originel qui désignait un choix plus qu’une adhésion, sens dont il se revêt peu à peu.
Pourtant, il n’est pas question pour le politicien en temps de campagne électorale de révéler, justement, sa vraie nature. Puisque son mandat est tributaire des votes des citoyens, le promeneur électoral se déclare (une déclaration, sa déclaration... d'impôts ?) auprès des électeurs et, devenu candidat, se lance dans une entreprise de séduction. Son but ? Rassembler les suffrages et obtenir le plus de votes, on y revient. Le mot “vote”, du latin votum (voeu), perd alors de son sens originel qui désignait un choix plus qu’une adhésion, sens dont il se revêt peu à peu.
Prêt à tout pour séduire l’opinion publique, y compris à tendre le bâton pour se faire battre, le promeneur devenu candidat est même capable de faire une apparition dans l’émission “Une ambition intime" présentée par Karine Le Marchand, qui soit dit en passant anime habituellement “L’amour est dans le pré” où il est question de campagne ET de séduction… La boucle est presque bouclée.
(Générique “Destinée”)
On comprend alors que le pèlerin électoral, muni de son bâton pour se faire battre, a peu à peu quitté la campagne, certes la sienne était très rase, pour se lancer dans la course électorale et la joute verbale qui l’accompagne. Car, comme dans tout entreprise de séduction, le candidat se déclare puis vient le temps des “promesses”. Dans le cadre politique, ces promesses s’apparentent plus à ce que l’on qualifie de belles paroles qu’à un véritable engagement, et la campagne en question, à une démarche d’envergure publique qu’à une approche introspective et à la recherche d’une vérité propre.
(Générique “Paroles, paroles")
En résumé : le promeneur solitaire, à force de masturbation électorale, et comprenant qu’il ne pouvait satisfaire seul ses propres besoins ? envies ? ambitions, fait désormais son entrée dans l’arène, où tous les coups sont permis. Mais comme l’histoire est une suite de répétitions, tous ces tracts, ces flyers, ces affiches, ces grands discours ne sont finalement que des… photocopies ! C’est le bis-ter-minus repetita du parcours électoral.
“Les savants disent que dans quelques siècles
Il y aura sur terre plus de forêts
Je lis déjà dans vos pensées inquiètes
Sans arbres, plus de papier
Mais la France prévoyant la disette,
Rassurez vous ne payera pas le prix
Photocopiant sur un air de fête
Tous les arbres du pays
Chênes, cerisiers et hêtres
Pour faire face à la pénurie
La France, la France, des photocopies, la France, la France, des photocopies”
Extrait de La France, Camille
Au terme de ce voyage en rase-motte et en rase campagne, de là à dire que la campagne est rasoir (heureusement, il faut attendre 5 ans entre chaque édition), il n’y a qu’un pas qu’on franchira, notre candidat a le privilège de siéger à l’Elysée… Et qu’est-ce que l’Elysée, dans la mythologie grecque ? Rien d’autre que l’endroit où reposent les gens vertueux et les héros après leur mort. Déjà enterré, panthéonisé mais vivant, il n’a plus qu’à continuer à se balader dans les champs élyséens, pas loin des Champs Elysées, et à balader ses électeurs par la même occasion, attendant la fin de son mandat et la prochaine campagne, pour perpétuer la tradition du “bouc émissaire”. Le bouc émissaire, justement, coïncidence ultime, figure qui tire sûrement son origine dans la Grèce Antique. Mais, cela, c’est un autre article !
- C'est qui ce pèlerin ?
- Notre futur président
- ...
*définition extraite de Wikipedia


