dimanche 25 août 2013

Jeune, jolie et non imposable

Ozon a osé. Son film "Jeune et Jolie" est le portrait atypique d'une jeune fille de 17 ans en quatre saisons.

Eté. Alors que d'autres adolescentes découvrent peu à peu leur sexualité, celle-ci prend le parti de vendre son corps. Pas par nécessité, ou plutôt si. Une nécessité, non pas matérielle mais émotionnelle qui l'invite à flirter avec les limites de la décence pour se sentir vivre et vibrer. Mais le cœur de cette jeune femme au printemps de sa vie demeure désespérément en hiver. Portée par Marina Vacth (belle, rebelle et re-re-belle) la jeune lycéenne incarne une sorte de "lost generation", cherchant dans la subversivité la plus extrême une nouvelle fureur de vivre. 

Automne. Toujours est-il qu'en ces temps d'imposition, l'affaire donne à penser. Au vu de la trousse (généreusement) garnie de la protagoniste, et joliment arrondie sous l'affluence de billets de 100 €, on se met soudain à raisonner en toute amoralité. Quand on sait le coût écrasant du travail, la perspective de cette grasse aumône non soumise à l'ISR laisse songeur (rêveur ?). Et pendant qu'à Bruxelles Olli Rehn, le vice-président de la Commission Européenne, s'inquiète du poids des prélèvements obligatoires français, c'est du côté de Cannes et de son festival du film que l'on trouve des éléments de réponses.

Hiver. Ce n'est pas la hausse des prix du gaz en juillet qui va nous faire changer d'avis. En voyant Isabelle (Léa pour les intimes) et son argent facile et non imposable, on se dit que nous aussi, on troquerait volontiers chaussettes en laine contre bas de soie et qu'on ferait bien péter la facture énergétique sans se poser plus de questions. Alors on pousse le vice jusqu'à distribuer notre carte de donneur d'orgasmes en soirées, mais aussi à la sortie du métro et des supermarchés. Notre cœur est peut-être en hiver, mais il est tout à fait exclu que notre corps le reste, lui. 

Printemps. Jusqu'au jour où, parmi notre portefeuille, toujours plus prospère, de clients, celui d'un homme politique influent nous ouvrira les portes d'une non-imposabilité totale. Une hirondelle ne fait peut-être pas le printemps, mais une vache à lait aide toujours à mettre un peu de beurre dans les épinards.
 
 
Elle : Dans quelle case me conseillez-vous de les déclarer : revenu de solidarité active ou dons à des organismes d'aide aux personnes en difficulté ? Car c'est de la solidarité, nous sommes bien d'accord...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire